Faute de compromis sur les mécanismes de financement, les délégués des 154 pays signataires de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité se sont retrouvés récemment à Rome, en Italie (du 25 au 27 février 2025), pour achever les discussions entamées en Colombie. Je vous épargne ici l’empreinte carbone générée par ces allers-retours aériens qui, sans aucun doute, ont un impact non négligeable sur l’environnement, le réchauffement climatique et, par conséquent, sur la pollution et la disparition de la biodiversité. Ce prolongement de la COP 16 en Italie, fragilise notre biodiversité et la résilience climatique.
Avec efficacité et urgence nous devons protéger la biodiversité. Cependant, du 21 octobre au 1er novembre 2024, s’est tenue à Cali, en Colombie, la 16ème Conférence des Parties (COP 16) à la Convention des Nations Unies sur la biodiversité, sans succès. Pourtant, nous avons été nombreux à saluer l’engouement de cette COP des Peuples, avant notre déception suite à la procrastination dans le traitement des attentes.
L’enjeu principal de cette deuxième session de la COP 16, dite COP 16.2, réside dans la recherche d’un consensus sur le mécanisme à adopter pour atteindre les objectifs de préservation de la nature d’ici 2030. Lors de la Conférence de Montréal en 2022, les pays signataires avaient en effet adopté 22 objectifs majeurs pour la préservation de la biodiversité, dont le plus emblématique reste l’initiative « 30×30 » : protéger 30 % des terres et des mers de la planète d’ici 2030.
Selon Agnès Hallosserie de l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales), citée dans le rapport Planète vivante 2024 du WWF, 73 % des populations de vertébrés ont disparu entre 1970 et aujourd’hui. Ce chiffre vertigineux devrait nous pousser à agir avec détermination. Les faits sont alarmants et les comportements autant déplorables alors qu’une prise de conscience urgente vaut mieux pour tous.
Malgré les risques croissants de catastrophes, le bras de fer persiste entre les pays du Nord et ceux du Sud. Les pays industrialisés refusent d’augmenter significativement leur contribution financière, tandis que les pays du Sud les considèrent comme les principaux responsables de la dégradation de la biodiversité. Ces divergences prolongent les négociations indéfiniment. Pendant ce temps, notre planète affaiblie par nos pollutions lance des alertes. Aucune seconde à perdre ! Il ne s’agit pas d’un pays et d’intérêts particuliers, mais de la Terre.
Pour garantir notre bien-être et celui des générations futures, nous avons besoin d’une nature en bonne santé. Sans la biodiversité, le protectionnisme économique et la course à la croissance restent un leurre.
La question demeure : prenons-nous vraiment conscience du danger imminent qui menace notre planète ? Il est urgent d’agir et de prendre des décisions fermes pour ne plus compromettre la survie de la Terre et de ses habitants. Les solutions existent, et chaque pays, à son niveau, doit s’engager activement en faveur de la résilience climatique.
Inutile d’attendre que les pays du Nord mettent en place un fonds pour réduire nos propres pratiques nocives. Par exemple, nous pouvons déjà limiter l’usage excessif de produits chimiques de synthèse dans l’agriculture. Des alternatives naturelles et locales existent pour enrichir nos sols sans les dégrader. L’usage incontrôlé de ces produits de synthèse tue la vie biologique des sols et provoque l’eutrophisation des cours d’eau, menaçant gravement la biodiversité aquatique.
De même, nous n’avons pas besoin d’attendre une aide extérieure pour réduire les émissions de CO2 émanant des véhicules vieillissants qui polluent nos villes et nos campagnes. Assumer nos responsabilités à notre échelle et agir concrètement pour protéger notre environnement, sonnent comme la meilleure alternative. La survie de nos pays et celle de notre planète en dépendent. Ce prolongement récurrent des actions urgentes pour l’environnement et ces pertes de temps courantes représentent un frein à la réduction des vulnérabilités en l’Afrique, car le coût des actions augmente au fil des années. Dans la détermination et l’engagement, avec nos propres ressources, commençons par « balayer devant nos portes » au Sud.