Climat et écosystèmes en péril : l’appel à une action régionale concertée

L’urgence climatique et la pollution des écosystèmes concernent aujourd’hui toutes les régions du monde. Toutefois, les réponses globales ne peuvent être efficaces que si elles s’adaptent aux réalités humaines, culturelles, économiques et géoécologiques locales, afin de produire un impact durable et mesurable.

À travers une lecture fine des paysages et des dynamiques territoriales, tant au niveau national que dans les pays limitrophes – notamment en Afrique de l’Ouest -, il est possible de concevoir et de déployer des réponses concertées, contextualisées et pérennes.

Le réchauffement climatique accentue déjà plusieurs phénomènes critiques : intensification des tempêtes de sable, acidification et salinisation des sols, augmentation de la fréquence et de l’intensité des submersions marines. Dans ce contexte, une coopération écosystémique renforcée entre les pays du littoral ouest-africain et les États sahéliens apparaît essentielle pour préserver l’équilibre climatique régional.

La dégradation de l’environnement varie selon les zones, mais elle repose sur des mécanismes de causalité souvent similaires, générant des risques écologiques et économiques majeurs, tant à l’échelle nationale que sous-régionale.

En ma qualité de géoécologue, j’observe :

En Côte d’Ivoire :

Une forte pression sur les ressources forestières liée à l’expansion agricole (notamment le cacao et l’hévéa), entraînant une déforestation accélérée. À cela s’ajoutent l’érosion côtière, la pollution lagunaire – particulièrement dans le système de la lagune Ébrié – ainsi qu’une urbanisation rapide et peu maîtrisée, aggravant les risques d’inondation.

En Guinée :

Une dégradation progressive des sols due à des pratiques agricoles extensives et à l’exploitation minière, notamment de la bauxite. Les impacts incluent la pollution des cours d’eau, la perte de biodiversité et une vulnérabilité accrue des communautés rurales face aux aléas climatiques.

Au Liberia :

Une pression croissante sur les forêts tropicales liée à l’exploitation du bois et aux concessions agricoles industrielles (huile de palme, caoutchouc). Cette dynamique s’accompagne d’une perte significative de biodiversité et d’une fragilisation des services écosystémiques essentiels aux populations locales.

Une étude menée par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Centre national d’études spatiales (CNES) met en évidence une augmentation de 50 % des submersions marines entre 1993 et 2015. Les conséquences de ces phénomènes ne se limitent pas aux seuls pays côtiers : elles affectent l’ensemble des équilibres économiques et sociaux régionaux.

Il devient donc impératif de renforcer les mécanismes de coopération pour la prévention et la gestion des risques. D’autant plus que, selon les projections, l’ampleur et la durée des submersions marines pourraient être multipliées de manière significative au cours de ce siècle.

« Lorsqu’un champ brûle, c’est la sueur du village qui éteint le feu », rappelle la sagesse africaine. Cette maxime illustre parfaitement la nécessité d’une réponse collective, solidaire et coordonnée face aux défis environnementaux contemporains.

Partagez cet article :

Vous n'êtes pas autorisé à copier ce texte