Economie bleue et urgences climatiques en Côte d’Ivoire

Dotée d’une zone maritime de plus de 23 000 km² et d’un littoral long de 566 km, la Côte d’Ivoire ambitionne de mieux valoriser son économie bleue en renforçant sa résilience climatique tout en redynamisant son agriculture.

En plus d’une réforme destinée à relancer la filière coco — désormais intégrée au Conseil Hévéa-Palmier à huile-Coco, la structure ivoirienne dédiée à la régulation du secteur, l’économie littorale bénéficie aujourd’hui du Programme Côte d’Ivoire Bleue. Cette initiative salutaire peut simultanément réduire la vulnérabilité des populations locales, préserver la biodiversité, générer des revenus pour le développement national et favoriser la création d’emplois.

Cependant, les défis à relever restent immenses le long du littoral comme dans l’ensemble des écosystèmes marins. L’expansion de la mégapole d’Abidjan entraîne une forte pression immobilière sur les ressources naturelles environnantes, dans une ville qui concentre à elle seule l’essentiel de l’activité économique du pays. D’ailleurs, on se demande jusqu’à où Abidjan contiendra cette pression démographique !

La disparition de près de 62 % des mangroves illustre la gravité de la situation écologique en Côte d’Ivoire. Il y a urgence à agir collectivement pour éviter des catastrophes dans un pays fortement vulnérable aux changements climatiques. Plusieurs villages disparaissent déjà, ou perdent une partie significative de leur patrimoine, sous l’effet de l’avancée de la mer. Lahou Kpanda est là pour nous le démontrer ! Découragés, de nombreux jeunes ruraux bradent les terres familiales, avant d’envisager l’exode rural, l’immigration clandestine ou des trafics illicites jugés plus rentables.

Avec un budget de 378 millions de dollars, le Programme Côte d’Ivoire Bleue s’aligne sur la CDN 3.0 pour stimuler le marché du carbone bleu, créer au moins 3 000 emplois et renforcer la sécurité alimentaire. Cette ambition vise aussi la préservation et la réhabilitation de nos berges, de milliers d’hectares d’écosystèmes dégradés.

Toutefois, les obstacles persistent sur le terrain, notamment l’orpaillage illégal dans la zone maritime. La pêche et l’agriculture durables restent peu rentables. Malgré son important potentiel maritime, la Côte d’Ivoire importe près de 85 % de sa consommation de poisson, soit un coût annuel de 107 milliards de FCFA, dans un pays pourtant traversé par de nombreux cours d’eau.

La réhabilitation des mangroves constitue ainsi un enjeu majeur pour atténuer l’avancée de la mer, multiplier les zones de reproduction halieutique et renforcer durablement la sécurité alimentaire.

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