Jeunes et agriculture : le défi d’une relève durable

L’entrepreneuriat agricole en Côte d’Ivoire et dans la sous-région présente des similitudes avec d’autres secteurs d’activités. Toutefois, une meilleure prise en compte de ses spécificités permettrait d’optimiser les potentialités locales, tout en favorisant l’engagement des jeunes pour assurer une relève durable dans un environnement de plus en plus récalcitrant.

Les « petits » producteurs agricoles constituent une force essentielle pour la résilience économique et le développement d’une agriculture mixte et régénérative. Il est impératif de structurer ces ressources humaines au même titre que les grandes exploitations agricoles, afin de leur offrir les moyens nécessaires à l’adoption de pratiques agricoles rentables, efficaces et durables, soutenues par une main-d’œuvre suffisante, qualifiée, diversifiée et motivée.

Dans le secteur agricole africain, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire, de nombreux jeunes formés aux métiers agricoles aspirent davantage à des carrières bureaucratiques ou à la fonction publique. Pendant ce temps, la main-d’œuvre de proximité se raréfie. Celle-ci provenait historiquement des familles propriétaires des terres ou des pays voisins du Sahel, où les volontaires agricoles sont désormais mobilisés massivement dans le cadre des réformes structurantes en cours dans les filières agricoles.

Face à ces réalités, des initiatives telles que le CIRA (Centre d’Innovation Rurale Agroécologique) à Aboisso dans le Sud-Comoé apportent des réponses concrètes, mettant l’accent sur la formation des jeunes agripreneurs de demain. Toutefois, il est possible d’aller plus loin : toucher davantage de producteurs afin qu’ils deviennent de véritables employeurs, tout en formant des cohortes de jeunes engagés, appelés à constituer la nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles en Afrique.

Le rêve de l’entrepreneuriat agricole et de la souveraineté alimentaire commence à se développer chez les jeunes Africains. Ils l’expriment avec fierté à travers le CIRA ou des plateformes numériques. Ces aspirations nécessitent un encadrement constant, ainsi qu’un environnement social et économique favorable de la part des Etats et d’autres parties prenantes.

Excellentes fêtes de fin d’année !

Partagez cet article :

Vous n'êtes pas autorisé à copier ce texte