En général et surtout durant les fêtes de fin d’année, la consommation d’aliments ultra-transformés, accompagnés de leurs lots de boissons sucrées, s’intensifie, malgré les risques avérés pour la santé. Parallèlement, les repas authentiques issus de la gastronomie locale et des savoir-faire culturels endogènes sont de moins en moins préparés, tant sur le plan qualitatif que quantitatif.
De la riche diversité des sauces feuilles, souvent concoctées à l’huile rouge de palme, au riz local et à l’attiéké soigneusement accompagné de protéines biologiques, ces merveilles culinaires naturelles se font de plus en plus rares dans nos assiettes. Bien souvent, l’on se contente de versions standardisées du Tchep ou du Kédjénou aux poulets de chair de deux semaines, quand ce ne sont pas des fritures ou autres McDo, Hamburgers peu équilibrés.
Ainsi, manger local devient paradoxalement exotique : rare et parfois méconnu des nouvelles générations. Parmi les causes de cette perte de transmission figurent d’abord les défis liés à la valorisation, la diversification, la transformation et la conservation de la production locale. S’y ajoutent les difficultés d’accessibilité et la qualité insuffisante des espaces dédiés à la gastronomie locale, ainsi que l’affaiblissement de la transmission familiale des recettes traditionnelles.
Pourtant, il est possible d’améliorer et de diversifier à la fois nos systèmes de production agricole et notre gastronomie locale en Afrique, puis de transmettre et de promouvoir ces acquis, qui relèvent également d’un savoir-faire artisanal précieux. C’est d’ailleurs à ce titre que plusieurs cuisines et repas traditionnels ont été reconnus dans le monde comme de véritables patrimoines culturels.
L’agriculture offre à nos pays un immense potentiel culinaire, capable de contribuer à la souveraineté alimentaire, à la santé du capital humain, au renforcement de la solidarité, au rapprochement entre les peuples et au développement touristique, dans la richesse de l’interculturalité.
Cependant, pour bâtir cette économie locale source de santé, de bien-être, de partage, de prospérité inclusive et d’apprentissage adapté, nous avons besoin de sols et de cours d’eau en excellente santé biologique. Cela implique d’éviter la dispersion des polluants chimiques dans les écosystèmes et dans nos espaces de vie, qu’il s’agisse de pesticides, de plastiques ou de déchets industriels.
Aujourd’hui, de nombreuses maladies affectent toutes les couches sociales et tous les âges, en grande partie à cause de la pollution et du manque d’une alimentation saine. Pourtant, nous avons la possibilité d’augmenter à la fois l’espérance et la qualité de vie, grâce à une planète vivante, où l’air, l’eau et les sols nous redonnent la vie en abondance.
Mieux préserver notre environnement immédiat pour mieux nous nourrir localement, tel devrait être notre crédo. La gastronomie locale en Afrique recèle en effet d’innombrables vertus.
Excellentes fêtes de fin d’année !
