Protéger les enfants commence par protéger l’environnement

Facteur essentiel de la santé humaine, notre environnement souffre aujourd’hui de multiples formes de pollution qui nous affectent directement, en particulier nos enfants. De la fertilité aux conditions de santé de la mère et de l’enfant, jusqu’à la croissance et au développement des adolescents, les conséquences de la dégradation environnementale se manifestent tout au long de la vie.

La protection de la santé publique passe donc inévitablement par la dépollution et la régénération des écosystèmes naturels, en particulier des sols ainsi que par l’adoption de pratiques plus responsables dans tous les secteurs d’activité.

Je souhaite partager ici quelques réalités préoccupantes liées à la dégradation de l’environnement, afin de renforcer la sensibilisation collective et encourager une mobilisation urgente pour protéger les générations présentes et futures. Car il n’y a plus de temps à perdre : la pollution détruit silencieusement nos vies, dès l’enfance.

Les enfants n’ont pas choisi le monde dans lequel ils naissent et vivent. Pourtant, beaucoup grandissent dans un environnement marqué par les conflits, les violences et des pollutions omniprésentes. Selon l’OMS, plus de 90 % des enfants respirent quotidiennement un air pollué, mettant gravement en danger leur santé et leur développement.

Dans de nombreux quartiers, les déchets ménagers sont abandonnés à ciel ouvert, sans traitement approprié. Leur décomposition produit notamment du méthane, un puissant gaz à effet de serre qui contribue également à la dégradation de la qualité de l’air. Sans oublier qu’ils deviennent des nids de moustiques vecteurs du paludisme. À cela s’ajoute la pratique fréquente du brûlage des déchets à proximité des habitations. Ces fumées toxiques exposent directement les populations, particulièrement les enfants, à des maladies respiratoires telles que l’asthme, les bronchites chroniques et diverses infections pulmonaires.

Combien d’enfants jouent encore à quelques mètres seulement de ces décharges sauvages qui pullulent partout dans nos villes et villages ? Puis nous nous étonnons de voir la santé de nos enfants, la nôtre se fragiliser. Pourtant, chacun peut contribuer à sauver des vies par des gestes simples : une meilleure gestion des déchets, le refus du brûlage à l’air libre et le partage des messages de sensibilisation.

La situation est également préoccupante dans le secteur agricole. L’usage excessif des pesticides et herbicides dégrade progressivement les sols et contamine les nappes phréatiques. L’eau, source de vie, devient alors un vecteur de pollution qui menace à la fois la santé humaine et la biodiversité. Chaque aliment produit dans des conditions non maîtrisées peut représenter un risque sanitaire potentiel.

Plus alarmant encore, certaines pollutions peuvent affecter les enfants avant même leur naissance. L’Institut français de la la santé et la recherche médicale (INSERM) souligne que « les études épidémiologiques sur les cancers de l’enfant permettent de conclure à une forte présomption de lien entre l’exposition aux pesticides pendant la grossesse et certains cancers infantiles, notamment les leucémies et les tumeurs du système nerveux central ».

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) alerte également sur l’impact du changement climatique sur les jeunes générations : sans action urgente, les enfants d’aujourd’hui pourraient subir jusqu’à sept fois plus d’événements climatiques extrêmes que leurs grands-parents. Leur santé, leur sécurité alimentaire, leur accès à l’eau et leur avenir sont directement menacés.

En Côte d’Ivoire comme ailleurs, les maladies chroniques progressent à un rythme inquiétant. Les cancers touchent de plus en plus de familles. Le diabète, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les maladies respiratoires n’épargnent plus les jeunes populations. L’asthme infantile devient de plus en plus fréquent dans les zones fortement exposées à la pollution atmosphérique.

Nous affirmons tous que la santé est notre priorité. Mais il est essentiel de comprendre qu’aucune politique de santé durable ne peut exister sans un environnement sain. La qualité de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons et des aliments que nous consommons détermine directement notre qualité de vie.

Agir pour l’environnement, pour la protection des sols qui nous nourrissent, c’est protéger la vie. Dès maintenant, chacun peut devenir acteur du changement : réduire les pollutions, adopter des comportements responsables, sensibiliser son entourage et soutenir des initiatives durables. L’avenir des enfants dépend des décisions que nous prenons aujourd’hui. Il est temps aussi que les communes de nos villes créent des poubelles publiques partout, le long des artères principales.

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