Tirer parti des opportunités économiques offertes par la nature implique une prévention des risques sur les écosystèmes naturels et économiques. Cependant, en Côte d’Ivoire, la multiplication des cas de pollutions alerte à propos de la qualité des dispositifs de prévention et de résilience.
Aux yeux de tous, Abidjan devient la capitale de la cimenterie. L’air déjà pollué par des véhicules vétustes accumule chaque jour d’autres résidus issus des nombreuses industries de fabrication du ciment, répandues pêle-mêle dans cette zone littorale sensible.
La pollution de l’air accroît les maladies cardiovasculaires, la pneumonie, les cancers… Elle rend précaire l’avenir que l’on veut construire en pénalisant le capital humain du pays, ressource par excellence qui précède la valorisation économique du potentiel environnemental.
Alors, pour des États fragiles, dépourvus d’infrastructures de résilience, il convient de faire preuve de plus de vigilance. Voire anticiper et simuler les catastrophes, pour mieux les éviter. Une large adhésion des parties est une condition sine qua non. Tout en veillant, en amont, à l’information et à la prise en compte des conséquences sur les populations.
Le déversement récent de pétrole dans l’océan Atlantique à Abidjan et Grand Bassam le 27 décembre dernier, tout comme la pollution des cours d’eau à l’ouest du pays par la mine d’or d’Ity, au cours de l’année 2025, démontrent qu’il y a lieu de réduire les risques de négligence, pour contenir les incidents polluants dans le secteur privé.
Dans l’urgence, il faut parer à cette tendance à polluer notre environnement. La persistance intensive de l’orpaillage clandestin sur l’ensemble du territoire national avec son lot de pollution au mercure en dit long sur la dégradation de la qualité de vie en Côte d’Ivoire. La gravité des pollutions de l’air, de l’eau, des sols et les désastres engendrés par la destruction des forêts sont-ils bien perçus à toutes les échelles ?
Dans l’immédiat, la médiatisation des mesures conservatoires ne résout pas la problématique de la réduction des risques et de la résilience. Lorsque les pêcheurs, les entreprises du secteur du tourisme et bien d’autres ne peuvent pas exercer parce que l’industrie pétrolière a pollué les eaux, les conséquences sont à la fois multiformes, gravissimes et prolongées sur une longue durée. Le relèvement de ces populations n’est jamais aussi évident.
L’adaptation au changement climatique se complexifie quand la pollution devient récurrente. Faute de cohérence, la réceptivité se brouille ! De même que, la promotion de l’image du pays pour soutenir ses efforts en vue de la préservation de l’environnement.
La Côte d’Ivoire fait face à un risque réputationnel lié à la destruction abusive de la forêt par la production du cacao. La déforestation a décimé tant d’écosystèmes, au point de voir chuter la couverture végétale requise pour la stabilité écosystémique du pays. Prévention constante et résilience anticipée — avec toutes les parties, profiteront mieux au développement économique tant souhaité, à la santé de tous et à la préservation de notre environnement. L’économie de nos pays ne peut plus prospérer au détriment de l’environnement. Une prise de conscience collective est essentielle.
