Dans une perspective de préservation et d’optimisation, SAP La Mé (Société Agro-Piscicole de La Mé) développe une pluralité de productions agricoles, d’essences et d’élevages. Sur ce domaine situé au sud de la Côte d’Ivoire, 300 hectares de reliques forestières servent à des expérimentations grandeur nature pour l’enrichissement des essences forestières locales.
Lors de l’édition 2025 des Journées des Gestionnaires des Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire, l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR), a organisé une visite de la Société Agro-Piscicole de La Mé. Pilotée par le Conservateur Général et son équipe, cette initiative permet de renforcer les savoirs faire et les bonnes pratiques, dans une synergie d’actions favorables au développement durable.
Fasciné par son approche, je constate en Côte d’Ivoire, une volonté de garantir un écosystème de résilience environnementale matérialisée par SAP La Mé et l’OIPR. Cette vision économique et écologique durable prend forme en 1993, avec l’exploitant forestier Jacques Servant. Celui-ci s’investit avec une volonté d’apporter sa pierre à la préservation et à la diversification du potentiel agroéconomique local. Une synergie d’actions essentielles pour lutter contre le changement climatique.
Il nous rappelle aussi une grande leçon : « Petit Devient Grand » (PDG). Inutile d’attendre des financements extérieurs ou de passer son temps à négocier des fonds internationaux pour agir en faveur de la planète. Avec les ressources disponibles, nous avons la capacité d’innover et d’apporter des solutions locales.
Selon le gérant de SAP La Mé, des expérimentations réalisées ont permis à la SODEFOR d’acquérir une meilleure connaissance des essences à enrichir en fonction des types de sols et de développer plusieurs modèles d’enrichissement des reliques forestières. Ces essais sont réalisés avec différents espacements afin d’observer au mieux le développement des essences en association.
Par ailleurs, SAP La Mé ne se limite pas à l’expérimentation forestière. Le domaine intègre également plusieurs systèmes agroforestiers. Entre autres, 120 hectares d’hévéa, 5 hectares de cacao, des plantations de palmiers à huile, une centaine d’étangs piscicoles, dont la production en poissons approvisionne aujourd’hui la région de La Mé et même Abidjan, sans oublier l’élevage des cyanobactéries pour la fabrication de la spiruline.
Une gestion durable et innovante des sols

Pour la petite histoire, l’implantation de la cacaoyère s’est faite sur un sol latéritique, initialement très pauvre en nutriments essentiels à la croissance du cacao. A force d’espérance, de détermination et d’innovation SAP La Mé remédie à cette situation. Eurêka ! Une solution naturelle avec des légumineuses, notamment l’Acacia mangium, plantées améliore la fertilité du sol. L’apport en biomasse a favorisé la prolifération des micro- et macro-organismes du sol, permettant ainsi à cette plantation de cacao 100 % bio de prospérer avec une bonne productivité.
Une pisciculture autonome et respectueuse de l’environnement

Les étangs piscicoles sont alimentés en eau grâce à deux grandes retenues, qui se remplissent naturellement pendant la saison des pluies. L’élevage piscicole repose sur une alimentation naturelle. En effet, les carpes observées lors de la visite sont nourries uniquement avec les déchets organiques produits sur place, sans recours à des aliments externes.
La spiruline, une production locale porteuse d’avenir
L’une des grandes fiertés de SAP La Mé réside dans la production d’algues sous serre, destinées à la fabrication de spiruline. Ce complément alimentaire, reconnu pour sa richesse en oligo-éléments, sels minéraux et vitamines, renforce le système immunitaire et le bien-être. Oui, la spiruline est aussi produite en Côte d’Ivoire ! Nous diversifions ainsi nos productions grâce à cette fusion de compétences et d’espérances. Avec une vision durable, la nature gratifie de prouesses dont nous sommes toujours fiers. SAP La Mé s’est ouverte à la capacité d’innover et de réaliser localement dans l’ardeur au travail et la patience. SAF La Mé s’étend sur environ 700 hectares et inspire une véritable leçon de résilience climatique dans l’investissement agroéconomique.